“La Société moderne est désormais un ensemble de problèmes techniques à résoudre. Quelle place le politicien roublard, comme d’ailleurs l’électeur idéaliste, peuvent-ils avoir là-dedans ? Imbéciles ! Pensez-vous que la marche de tous ces rouages économiques, étroitement dépendants les uns des autres et tournant à la vitesse de l’éclair va dépendre demain du bon plaisir de braves gens rassemblés dans les comices pour acclamer tel ou tel programme électoral ? Imaginez-vous que la Technique d’orientation professionnelle, après avoir désigné pour quelque emploi subalterne un citoyen particulièrement mal doué, supportera que le vote de ce malheureux décide, en dernier ressort, de l’adoption ou du rejet d’une mesure proposée par la Technique elle-même ? Imbéciles ! Chaque progrès de la Technique vous éloigne un peu plus de la démocratie rêvée jadis par les ouvriers idéalistes du Faubourg Saint-Antoine. Il ne faut vraiment pas comprendre grand-chose aux faits politiques de ces dernières années pour refuser encore d’admettre que le Monde moderne a déjà résolu, au seul avantage de la Technique, le problème de la Démocratie.” (Georges Bernanos, La France contre les robots, 1944)

“Tout le malheur de cette pauvre et commune humanité lui vient justement de ce qu’elle est décevante, et mouvante, et précaire, étant vivante. Mais du jour où, nous autres, savants sociomathématiciens thérapeutes, nous la tiendrons immobile et froide, couchée au tombeau de nos calculs éternels, alors ne craignez plus : cette misérable humanité n’attrapera plus de fluxions de poitrine ; elle n’aura plus de troubles cardiaques ni de transport au cerveau ; car son cœur ne battra plus, jamais.” (Charles Péguy, L’esprit de système, 1905)

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La section Points chauds a été augmentée le 12 juin 2021

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